Tag Archives: Sofia Coppola

Bas les masques !

10 nov

Tendance chez les Vip : le bal masqué. Vogue, Grazia, Irreverent, tout le monde rivalise en soirées costumées style Louis XIV.  Idem chez les créateurs qui s’inspirent du Grand Siècle à grand frais d’escarpins vernis et de faux-culs. Quant à Courtney love, elle pose en noeud lavalière sur fond de jardin anglais pour Vanity Fair. Conséquence : de Chantilly à Versailles, beaucoup de châteaux à louer. Le Petit Trianon rouvre ses portes, tandis que le Palais royal accueille les collections de Marc Jacobs et de Stella Van Cleef.

Nostalgie d’Ancien Régime. Furie de Marie-Antoinette (définitivement réhabilitée dans le cœur des Français par Sofia Coppola). On parle de protocole, on soigne l’étiquette. On danse valses et menuets. On s’affiche aux côtés d’une Charlotte de Monaco qui est tout de même une Grimaldi. On rêve d’être la prochaine Clothilde Coureau ou la nouvelle Carla. Ah ! Épouser une tête couronnée !… Séduire Arnaud (de) Montebourg, qui ressemble tant à Antonio Banderas…

En attendant, la Parisienne du XVIIIe (arrondissement) se mire dans des glaces du XVIIIe (siècle) et suspend au-dessus de sa cheminée une tête de cerf. Fini les soirées au rade du coin, chaussée de baskets tricolores. Place aux Capétiens, morbleu !

J.A

Action

17 jan

 Suite de la parenthèse cinématographique. Vu  à la téloche, il y a une semaine, “Taken” (L’enlèvement) de Pierre Morel, sorti en 2008 et joué par le solide Liam Neeson. Film français à l’américaine – parfaite antithèse de “Somewhere”, film américain proche de  notre cinéma d’auteur.

       Même sujet de départ : une fille chamboule la vie de son père.
Assistant par téléphone à l’enlèvement de la sienne, ce père-là met à profit son passé d’agent de la CIA pour la retrouver en 72 heures durant lesquelles il infiltre les bas fonds de notre capitale et nous balade dans toutes les strates de la voyouterie. Derrière les malfrats on découvre des pourris qui dissimulent des ordures. Liam Neeson n’a pas les deux pieds dans le même sabot et patauge dans cette fange avec brio. Le spectateur est suspendu.
On vous le conseille. Ce, malgré les habituels critiques actionophobes qui le comparent à un “mauvais Steven Seagal”. Prenons ça pour un compliment. C’est vrai que Liam Neeson n’aurait pas tenu trois secondes à fumer des clopes et prendre des douches dans le dernier Sofia Coppola, à moins qu’on rajoute au scénar la présence à l’hôtel Marmont de braqueurs préparant un gros coup.

S.A


Nowhere

12 jan

Même chambre d’hôtel, même solitude, mêmes plans séquences, Sofia Coppola reprend la recette de l’excellent “Lost in Translation” pour son p’tit dernier, “Somewhere”, récompensé par un Lion d’or au Festival de Venise.

Le mieux est l’ennemi du bien : sûre d’elle et de son talent désormais avéré, Sofia se permet des raccourcis. Elle croit que pour traiter de l’ennui, il lui suffit d’endormir au plus vite son public. Un peu fastoche.

Prenez une star hollywoodienne masculine tatouée avec barbe de trois jours qui traîne son spleen à l’hôtel Marmont, telle une Marie-Antoinette au milieu de sa cour. Il ne fait rien, ne pense rien et n’en dit pas plus. Il quitte sa chambre pour y revenir et y rester avant d’en ressortir et ce dans un seul but : tuer le temps. Morne assassinat. 

Il conduit sa Ferrarri, fait la fête – beaucoup la fête – engage des strip-teaseuses, croise des mannequins. Boit du whisky. Fume des clopes. Reçoit des SMS anonymes d’insulte. Matte les seins des filles par la fenêtre. Etc, etc, etc.

 Dieu soit loué, sa fille de douze ans, ange blond, fruit d’une union imprécise, met un peu de fraîcheur dans tout ça. Il était temps. Et pour son père, et pour nous-mêmes, qui pestons face à ces plans interminables à la Gus Van Sant détaillant sans musique et sans dialogue notre quadra mal peigné  tantôt sous la douche, tantôt sur son lit, tantôt dans le canapé.

C’est vrai, Coppola fille nous rappelle ce que nous avions oublié : que l’argent ne fait pas le bonheur, pas plus que la célébrité ou les voitures de sport. D’accord, elle ajoute sa note personnelle à la grande partition symphonique de l’errance de l’homme au milieu de l’opulence qui lui est  chère. Mais elle réussit surtout à répandre l’ennui de ses personnages sur le malheureux spectateur en prouvant le vide par le vide. Elle nous piège durant 1h38 dans les filandres d’un “film d’auteur” pas beaucoup moins emmerdant – souffrez le terme – qu’une publicité pour bagnole italienne. Elle nous sert ce plat qui sustente peut-être la critique avide de méchoui mental et de néant culturel, mais que nous autres, pipelettes, trouvons justement plat. Un plat plat, joué par nobody et où se passe nothing. Un ragoût de navet. Sans appel.

J.A

 


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