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Goudemalion

19 fév

 

Plus que quelques semaines avant la fin de l’expo Jean-Paul Goude aux Arts-déco. Prétexte à revenir, avant d’être taxées de has-been, sur l’œuvre de l’un des plus grands photographes de sa génération. Occasion aussi pour les retardataires et les autres, mécréants, provinciaux et mères de famille débordées, de redécouvrir l’univers fantasque de ce fabricant d’icônes et de rêves qui, bien avant Photoshop, étirait les déliés et scalpellisait les formes à coups de ciseaux magiques.

Osons le dire : on a tous quelque chose de Jean-Paul Goude, plus encore que de Tennessee. Pas une campagne signée de son nom qui nous ait échappé, petits et grands, bourgeois et bohèmes, marxistes et libéraux. Partout, dans le métro, à la télé, sur les bus, Jean-Paul Goude appose son clic-clac incisif, vrai tyran artistique. Mode, musique, pub, presse, partout il est ! Qui ne revoit, vingt ans plus tard, Vanessa Paradis en Chanel dans sa cage à serin ? Qui ne se souvient, ému, des Kodakettes tout de rayé vêtues ?
Idem pour Laetitia Casta, tantôt femme fatale, tantôt moustachue pour les Galeries Lafayettes, ou pour la chanteuse Grace Jones – dont il aura eu un fils, Paul – tour à tour panthère noire, boxeuse et acrobate.

La liste est longue de ces images ( Perrier, Citroën, Eden, Égoïste, etc ) qui sont maintenant comme chez elles dans l’imaginaire collectif, faisant de Jean-Paul Goude le Pygmalion, mieux, le Goudemalion de son temps. À cette nuance près qu’il ne donne pas vie à ses modèles, qui n’en attendaient pas tant de lui. Il fait mieux : il les immortalise. Un mythe est né.

Jeanne Ably

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Goutt’d’or

10 fév

Un nom précieux pour cette pépite mitoyenne de Montmartre, mère patrie du regretté Alain Bashung et de Fabrice Lucchini. Pas des moindres.

Sortant du métro Château-Rouge, ce n’est pourtant pas les paillettes qui sautent aux yeux. Il faut se frayer un passage entre les « poulets » à la main lourde (pour ce qui est de distribuer les prunes)  ; les marchands à la sauvette (qui jouent au chat et à la souris avec les CRS) ; et la foule omniprésente et pérorante des piétons.

On prend des rues aux noms agréablement franchouillards, rue des Poissonniers, rue Poulet, rue de la Charbonnière…

On s’aventure dans ce Wall Street du deal, population haute en pigments et bourrée de piments. Allées et venues et brouhaha intenses, ruelles pleines d’odeurs et de voix résonnant entre les beaux immeubles, pavé garanti « vieux Paris », celui d’Aristide Bruant, l’ancêtre de Brassens et de Doc Gynéco. Plus trash mais aussi plus underground qu’Amélie Poulain.

Dans ce décor, point de Japonais dégainant un Canon EOS550D, ni de bars à sushis, ni de boutique American Apparel. Amis de Saint-Germain-des-Près et du Marais, qu’attendez-vous pour consulter le PAP et connaître enfin la vraie vie ?

Ici, on trouve de quoi faire le maffé. Sur ce marché parisien sont importés diverses sortes de légumes africains, en quantité si importante, dit-on, que les gens de là-bas en sont privés. Mythe urbain ? En tout cas, la banane plantain arrive par conteneurs entiers tous les jours à la Goutt’ d’or.

Pas seulement elle. La charcuterie du Cochon d’Or porte bien son nom. Tenue par un couple charmant, dont le mari a été immortalisé par le célèbre Martin Parr pour l’exposition « The Goutte d’Or », la boutique propose du porc pur porc, de l’alcool avec alcool et autres délicatesses prohibées. On est conquis.

Avec un peu de chance, vous croiserez un « dandy sapeur« , au chic inégalable, régnant sur le périmètre. Instant de grâce.

Ce morceau de Paris n’inspire pas seulement les photographes. Les romanciers l’ont chanté. Zola y planta un décor de son « Assommoir », et Bernard Nabonne en tira un récit au titre sans équivoque : « La Goutte d’Or ». Mais c’est Malika Ferdjoukh qui en parle le mieux. Elle confie dans un manifeste collectif, « Lire est le propre de l’homme » (l’école des loisirs, éditeur)  LA rencontre qu’elle y fit dans son enfance : celle d’Yvette, la prostituée qui lui a donné le goût des livres.

À  la Goutte d’Or, pas encore de jeunesse dorée, mais des bobos par convois, avec ce qui va avec : fleuristes, crêperies bio, « petits » cavistes à cent euros la bouteille, et même un projet de fabrique de bières artisanales.

Pas encore de boutique The Kooples, Dieu merci. Cette goutte-là ferait déborder le vase d’or.

Suzanne Ably

 

Lana del Rey

6 fév

Lana del Rey : le nom est sur toutes les lèvres, le visage dans chaque rétine, la voix dans pas mal de Blackberrys. Qu’on aime la musique ou non, qu’on l’ait ou non youtubisée, on ne peut que connaître celle qui a détrôné la môme Béart au royaume de la bouche en ventouse.C’est le conte de fées moderne. D’un coup de clic magique, quiconque possède un tant soit peu de talent assorti d’un minois de poisson-lune peut jaillir du néant et mettre le feu à la toile.

Le buzz, qu’on appelle ça. Un buzz fait pour retomber aussi vite qu’il s’est levé. Le hipster qui s’empiffre de musique renie dès le lendemain ce qu’il portait aux nues la veille. Il vous balaye ça d’un revers sur Facebook et Twiter, sitôt que l’objet de ses délires a fait un peu trop parler de lui (comble du vulgaire).

Que penser de la nouvelle diva du Net ? Pur produit marketing, comme aiment à le dire les journalistes et autres carnassiers du Web ? Nouvelle icône en or massif ? Est-elle bien celle qu’on attendait et qui, après Garbo, B.B ,Vanessa Paradis, Madonna et Lady Gaga, nous permettra d’affronter le marasme ambiant ?

Dans l’album écouté à la va-vite, une chanson retient notre attention : « ‘Video games ». Plagiat d’un titre grec de 1991, murmurent les mauvaises langues. Il n’empêche. Le résultat est là. Sans Lana, nul n’aurait jamais ouï dire quoi que ce soit de ce morceau, et je ne serais pas en train de taper ces lignes.

 

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Jeanne Ably

 

 

Le Havre

16 jan

Un film à l’affiche, un article dans le NY Times, une émission sur France Culture, et voilà Le Havre, destination jusqu’à hier ignorée des branchés, qui devient un must.

À deux heures de Paris, la ville, avec ses artères bétonnées d’après-guerre et ses conteneurs métalliques, est à Deauville ce que Marseille est à Aix-en-Provence : un purgatoire. Et pour cause : point de festivals mondains ni de boutique Hermès, mais moult rades miteux et des rues nocturnes aussi désertes qu’une départementale à quatre grammes un mardi soir d’hiver.

Culturellement, des salles de concert et des cinémas historiques qui ferment les uns après les autres.  Un sondage de « l’Express » place la population au 49e rang de celles qui avouent n’aller au théâtre que de temps en temps : trois points au-dessous de la moyenne nationale.

Quid de la gastronomie ? Chose inconcevable en France, Le Havre ne se targue d’aucune particularité gourmande. Pas même un petit resto du port proposant la moindre marmite havraise, ni une boutique du centre ville pour vendre une confiserie locale. Alors, quand Subway ou Mac Do s’y installent, c’est l’hystérie.

Question foot (= religion planétaire), Le Havre, avec son Havre Athletic Club, le plus ancien de France, persiste à perdre tous ses matchs dans son antique stade Jules-Deschaseaux.

Bref, une sous-préfecture a priori crado, moche, beauf, inculte, glauque, mal famée, qui plus est ex-coco !

Mais voilà. Certains, que débecte l’odeur du beau, se mettent à la regarder d’un nouvel œil. En quête d’authentique, ces connaisseurs  lorgnent, depuis leur cité embouteillée, les larges faubourgs et les nombreux espaces verts – dont la gigantesque forêt de Montgeon en plein centre-ville – du deuxième port de France. Ses docks « so british », où il fait bon se promener après le déjeuner dominical – et non après le brunch, encore peu répandu ici –  les font rêver. Ils donneraient n’importe quoi pour emménager avenue de l’Hippodrome à Sainte-Adresse qui leur fait tant penser à Brighton, et se baigner en pleine ville (comme à Brighton) dans la piscine signée Jean Nouvel (architecte très en vogue quoique désastreux), sise dans le quartier de l’Eure, ancien quartier des docks et lieu de boboïsation croissant.

Mais surtout, les Havrais, les vrais, vous l’affirmeront la main sur le cœur et les yeux dans le vague : leur ville est unique, tant là bat un vent de nostalgie et de poésie, souvenir des grands paquebots. Est-ce parce qu’elle a été dévastée pendant la guerre, qu’elle a inspiré à Sartre La Nausée, et qu’elle a abrité René Coty (qui fut le président d’une France heureuse), puis son descendant direct, l’excellent écrivain Benoît Duteurtre, romancier des « Pieds dans l’eau » (sans compter Raymond Queneau, et aujourd’hui l’extraordinaire guitariste de jazz Hugo Lippi, le réalisateur Mathieu Serveau, le groupe rock électro Dick Voodoo et, bien-sûr, le peintre Dufy qui y est né ou encore Christophe Ono-dit-Bio, brillant écrivain et journaliste).

En tout cas, ces Havrais-là ne cesseront de défendre leur ville natale, même le jour où la mode, se sera détournée d’elle. ET ILS AURONT RAISON.

Jeanne Ably

@Lancelot Lippi

 

Merci à Lancelot Lippi pour son précieux témoignage.


Mais pourquoi tant de haine ?

7 déc

2005 –  « Je vais bien ne t’en fais pas » cartonne. Tandis que la chanson « Lili » du groupe Aaron passe en boucle, la jeune actrice du film, répondant au nom de Mélanie Laurent, fait la « une » des magazines et enchaîne les rôles, jusqu’à en décrocher un dans « Inglorious Bastard » du prestigieux Tarantino aux côtés du non moins prestigieux Brad Pitt.
Mais le conte de fées cafouille. Mélanie Laurent, que tout destinait au décollage foudroyant, a des ratés. En moins de deux, l’idole perd de l’altitude, et il devient presque audacieux d’affirmer qu’elle n’est pas si mauvaise que ça. Dès lors, tout s’enchaîne. Les bourdes se succèdent. Un album avec Damien Rice la précipite dans la catégorie des actrices-françaises-agaçantes-qui-ne-savent-pas-chanter-mais-qui-l’assument. Une vidéo fait le buzz, où on la voit, toute de Sandro et de Maje vêtue, se plaindre de la haine qu’elle suscite.  Et maintenant son film, « les Adoptés ». La comédienne d’à peine 29 ans est désormais réalisatrice : ce n’est pas ce qui va lui rendre la faveur du public. Ce premier long-métrage nous la montre en bobo qui en veut à sa sœur d’avoir raté le brunch du dimanche parce qu’elle a trouvé l’amour et pas elle. Jolie mise en scène (la cinéaste débutante s’est entourée d’une bonne équipe, dans le genre clip), mais trop de clichés, de références à des auteurs anglo-saxons (Mélanie s’y connaît en littérature), de décors de sitcom et de dialogues de fifille. Ultime erreur : l’actrice, Marie Denarnaud, inconnue au bataillon, qui ensoleille par sa justesse et sa fraicheur toute la première partie du film. Mélanie n’aurait pas dû se montrer à côté d’elle. Il y a des risques à ne pas prendre.

J.A

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Romy Schneider

29 nov

Entre « Sisi impératrice » et « La Piscine », dix ans d’écart. Lasse de son image de princesse à l’eau de rose, Romy Schneider, révélée à 15 ans par sa mère l’actrice Magda Schneider à qui elle donne la réplique dans « Les Lilas blancs », et qui passe pour être  la meilleure importation d’Autriche après la valse, a troqué ses robes à crinoline pour un bikini noir. C’est le tournant de sa carrière et à la fois de sa vie de femme. La « Mädchen » joufflue qu’on a connue au bras du ravageur Delon, et qui émeut les midinettes par son visage d’ange un peu épais, arrête à 28 ans le cinéma mais aussitôt lui revient métamorphosée en femme fatale, inspiratrice des plus grands réalisateurs. Clouzot, Sautet, Visconti, Orson Welles, Chabrol, tous se l’arrachent, faisant d’elle la star de son temps et la préférée des Français.À l’inverse d’une BB ou d’une Catherine Deneuve, ses contemporaines, Romy Schneider, grand cru du Rhin, se bonifie avec l’âge. D’une beauté mûre, elle enchaîne à partir de 1962 les rôles douloureux qui font écho à ses propres drames, et les films sur la Seconde Guerre mondiale, comme si elle avait là quelque chose à expier. Le suicide de son premier mari en 1979, suivi de la mort accidentelle de son jeune fils, deux ans plus tard, la font basculer vers les gouffres. Foudroyée à 43 ans par une crise cardiaque, Romy Schneider achève de devenir un mythe : celui d’une ambition triomphante ravagée par le malheur.

J.A

 

Romy Schneider, exposition du 4 novembre 2011 au 22 février 2012  à l’occasion des trente ans de sa mort

Espace Landowski, Musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt, 28, avenue André-Morizet. Jours et heures d’ouverture : tous les jours de 10h à 19h. Entrée : 11 euros

 

Paris versus New York

16 nov

Entre Paris et New York, le cœur bobo balance.
D’un côté l‘élégance et le romantisme français, de l’autre la ville de tous les possibles…
Si  la Parisienne raffole :
– de son vélo chiné dans une FAT (foire à tout),
– de sa baguette croustillante trempée dans un p’tit crème  (et servie accessoirement par un garçon de café à la muflerie bien française ),
– de son 120 mètres carrés décoré par ses soins moyennant force lectures de blogs déco,
– et de ses « soldes presse » Isabel Marant…
qu’est-ce qu’elle ne ferait pas aussi pour vivre dans un loft à Brooklyn, se déplacer en « cab », pouvoir faire du shopping le dimanche un mug de « cafe latte » à la main, et se bâfrer de bagels .
Dans un blog intitulé Paris vs. NYC, Varham Muratyan, graphiste de son état et New-Yorkais de naissance,  dessine jour après jour ce match urbain des plus amicaux.  Succès tel qu’une expo était organisée en septembre chez Colette, suivie d’un livre qui vient de paraître aux éditions 10-18 et qui présentement fait le buzz.

Il y a de bonnes idées qui sont des coups de génie.

J.A

Photo: Hélène Pambrun

Le sixième

14 mar

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Cinéma cinéma. Allez voir Les femmes du sixième étage de Philipe Le Guay avant sa disparition de l’affiche. Pour l’Espagne, pour la bonne humeur, pour Kiberlain en bourgeoise des années 50 plus vraie que nature ; et surtout pour Luchini en mari mutant.
    Marchand de biens propriétaire d’un grand appartement dans un beau quartier parisien, sa vision des choses est bouleversée quand il prend conscience, suite à l’embauche d’une bonne espagnole, de l’existence des mansardes du sixième. Tout s’éclaire peu à peu pour lui : ces esclaves sont des femmes, elles ont une vie entre le repassage et la vaisselle, elles dorment, mangent, ont des amis et même vont au “petit coin”. Ébloui, notre bourgeois, moyennant quelques péripéties conjugales, décide d’emménager dans ce sixième.
    Tels une Vanessa Paradis et un Johnny Depp propriétaires de domaines à trente millions de dollars dont ils n’occupent que la parcelle où ils ont planté une caravane pour y fumer pieds nus des cigarettes roulées, Luchini ne veut plus voir, de son immeuble de luxe, que cette soupente miteuse avec sommier sans ressorts.
    Et pour cause! Il y découvre le bonheur, l’amour, l’amitié, le rire, la paëlla et le flamenco, bref son point G, enfin.
    L’épouse délaissée se consolera dans les bras passés à l’huile de lin  d’un artiste peintre. Tant mieux pour elle.
    Ce couple des années 50 nous éclaire sur les racines du bobo  et nous incline à penser que le modèle était en préparation bien avant 68.
    Pour conclure, et puisqu’on vous a tout raconté, on vous donne la suite.
    Les enfants de Luchini et Kiberlain, frais émoulus de leur pension chic, traîneront à Nanterre, battront puis lanceront le pavé. Puis, ils ne se marieront pas. Ils feront quand même quelques enfants, 1,9 selon la statistique de l’INSEE, qu’ils ne baptiseront pas, pour que ces derniers choisissent eux-mêmes à leur majorité.
    Lesquels enfants achèteront un loft a Montreuil, mangeront bio et feront le tri sélectif. Ils liront Télérama. Et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes : le nôtre.

S.A

Action

17 jan

 Suite de la parenthèse cinématographique. Vu  à la téloche, il y a une semaine, “Taken” (L’enlèvement) de Pierre Morel, sorti en 2008 et joué par le solide Liam Neeson. Film français à l’américaine – parfaite antithèse de “Somewhere”, film américain proche de  notre cinéma d’auteur.

       Même sujet de départ : une fille chamboule la vie de son père.
Assistant par téléphone à l’enlèvement de la sienne, ce père-là met à profit son passé d’agent de la CIA pour la retrouver en 72 heures durant lesquelles il infiltre les bas fonds de notre capitale et nous balade dans toutes les strates de la voyouterie. Derrière les malfrats on découvre des pourris qui dissimulent des ordures. Liam Neeson n’a pas les deux pieds dans le même sabot et patauge dans cette fange avec brio. Le spectateur est suspendu.
On vous le conseille. Ce, malgré les habituels critiques actionophobes qui le comparent à un “mauvais Steven Seagal”. Prenons ça pour un compliment. C’est vrai que Liam Neeson n’aurait pas tenu trois secondes à fumer des clopes et prendre des douches dans le dernier Sofia Coppola, à moins qu’on rajoute au scénar la présence à l’hôtel Marmont de braqueurs préparant un gros coup.

S.A


La Parisienne

4 jan

Photo : Blandine Lejeune

 

Figure majeure de notre patrimoine et vrai Caractère de La Bruyère, tantôt fustigée et tantôt célébrée, dans tous les cas objet de convoitises, la Parisienne, tel le bobo, n’en finit pas de faire couler l’encre. Une exposition lui est présentement consacrée aux Galeries Lafayette, prétexte à pipeleter.

       Ni déballage de chair ni string qui dépasse, le cheveu savamment décoiffé, la touche de maquillage idoine sans Botox ni bling-bling, la Parisienne est toujours au top. Ce n’est pas nous qui le disons : l’élégance à la française est une évidence internationalement proclamée. La Parisienne ne se gêne pas pour relooker son mec, des fois qu’elle l’aurait connu en marcel et en chaussures pointues. Elle fait de ses enfants des fashion victims dès le bac à sable. Quant à son intérieur,  chaque détail en est chiadé à mort, de l’applique murale jusqu’au coquetier. La déco, ça la connaît : plus au courant que Wikipédia,  elle chine ses meubles à la Croix Rouge et rougirait d’être vue chez Ikea. Si son mec est bricoleur, c’est l’idéal : rien de plus chic que le fait-maison.

       La Parisienne est au régime depuis l’aube des Temps. Ça ne l’empêche pas d’être plus portée sur la bouteille que sur le sport en salle. Toutes les occasions lui sont bonnes de se taper un p’tit verre en se grillant une  Marlboro light. Autre boisson fétiche : le p’tit noir ( tout est p’tit avec elle ) qu’elle boira sur le zinc en feuilletant le Parisien, son i-Phone 4 à la main.

       Côté mondain, la Parisienne, femme accomplie, parlera du prix du mètre carré dans les dîners en ville, ceux qui rassemblent les genres et les réseaux à grand renfort de cartes de visite (avocats, écrivains, comédiens, call girls, docteurs ès squelettes de Pygmées). Elle se vantera  de sa dernière acquisition-vente-presse à la faveur d’une girly party strictement interdite aux maris, définitivement relégués aux couches-culottes et aux poussettes.

       Plus généralement, cet être survolté a le sens de  la « nigth » et du loisir éthylique,  un goût prononcé pour le name-dropping et les virées du week-end. Fondue de musique et djette à ses heures, elle passe derrière les platines dès que l’occasion se présente, même le jour de son mariage, puisqu’un mariage est aujourd’hui de bon ton (moins vulgaire que le Pacs).

       Ses traits de caractères ne sont un secret pour personne : égoïste, contestataire, râleuse, resquilleuse, la Parisienne, malgré une éducation au cordeau et des écoles privées hors de prix, dit à peine bonjour et n’arrive jamais avant dix heures du soir à un dîner. Elle a toujours trop froid ou trop chaud. Elle déteste le dimanche et encore plus le lundi. Elle vomit la baguette trop cuite, le métro aux heures de pointe, les escalators en panne. Elle prend les sens interdits en Vélib ( qu’elle rendra à la 29e minute, la première demi-heure étant gratuite ), elle remonte la queue du cinéma, elle se bourre dans les cocktails. À la moindre anicroche elle vous engueule. C’est par-dessus tout une emmerdeuse. Faut dire qu’elle a de qui tenir. Louise Michel, Simone de Beauvoir, Isabelle Thomas, Yvette Roudy, Ségolène Royal, Catherine Deneuve sont ses modèles, dont la liste n’est pas close.

Jeanne Ably

 La Parisienne Du 1er avril au 4 juin 2011 aux Galeries Lafayette du mardi au samedi de 11h à 19h ( entrée libre )

Succès cinématographique

29 nov

Parlons cinéma. Trois semaines que “Les Petits Mouchoirs” de Guillaume Canet cartonne au box office. Ce, malgré la critique. Pour ne citer que la plus huppée : C’est de régression qu’il faut parler  avec Les Petits Mouchoirs, film aussi vide qu’est grande sa prétention (…) On ignore si Les Petits Mouchoirs  est un film générationnel. Si c’est le cas, on est – pour une fois – heureux de ne plus faire partie de cette génération-là…

    C’est l’histoire d’une petite bande rassemblant un nouveau riche perdu dans ses valeurs matérialistes, un homme-enfant qui ne voit pas plus loin que son dernier SMS, une fille à Birkenstock et cigarettes roulées, un bout-en-train qui cache ses fêlures sous des blagues graveleuses, etc. Traditionnellement chaque été ils se retrouvent au cap Ferret, seulement cette fois le plus drôle du groupe doit rester à Paris pour cause de coma, suite à un accident de scooter. Ses congénères sont tiraillés entre le souci de rester à ses côtés et la tendance de l’homo festivus à partir s’éclater en vacances. La seconde option triomphe, the show must go on. Les joyeux drilles n’en oublieront pas pour autant le moribond : plusieurs caisses de rosé leur permettront de trinquer à sa santé qui se dégrade.

    Guillaume Canet  recherche l’efficacité. Tous ces gens existent, on les connaît, il les réunit en un tableau sociétal cru mais juste. Drame de bobos raconté par un bobo à des bobos, et que les acteurs jouent sans bobo ni  fausse note au son d’une bonne musique.  Que demande Télérama ? Trouve-t-il qu’il pousse dans le genre larmoyant ? S’il y en a qui prétendent n’avoir pas versé une larme à la fin du film, je suis prête à aller inspecter à la sortie le mascara des dames et les lunettes des messieurs.

    Les gens qui n’aiment pas le peuple ont des idées sociales, les gens qui n’aiment pas les enfants ont des idées pédagogiques, dit Pierre Gripari.  À quoi on peut ajouter que les gens qui n’aiment pas le cinéma ont des idées sur  le cinéma et les développent de préférence dans Télérama. Aujourd’hui, pour mériter l’estime de l’auguste critique, le cinéaste doit lui proposer du faux, de l’absurde, de l’ennuyeux et de l’obscène. Ce qui nous fait, nous, mouiller pour de bon nos mouchoirs.

S.A

Blonde vs brune

25 oct

C’est le sempiternel débat : blonde ou brune ? La Cinémathèque de Paris lui consacre une expo, prétexte pour nous à pipeletter.  

Aujourd’hui qui l’emporte, de la crémeuse Scarlett Johansson ou de la piquante Pénélope Cruz ? D’un côté  le charme pulpeux et la promesse de débauche ; de l’autre le mystère incarné de la sensualité volcanique. Même combat jadis pour Cindy Crawford et Claudia Shiffer, Kim Novak et Liz Taylor,  Simone Signoret et Michèle Mercier… À chaque époque le duel blondes-brunes. Et toujours le même dilemme.
Les filles – curieuses par nature – n’hésitent pas à franchir la frontière. Pour voir ce que ça fait : d’être blonde, quoi. Marion Cotillard l’affirmait dans une interview : « Ça change la vie. »  Faites le test. Vous changerez surtout de trottoir, fatiguées de vous faire siffler.  Pas de doute, les hommes préfèrent les blondes. La Suédoise fiche la pagaille dans leur couple, la lolita leur fait tourner la tête, la majorette et  la pin-up de calendrier les électrisent. Même Barbie les damne.
Toutes blondes !
Marilyn, B. B., Catherine Deneuve auraient-elle fait leur carrière sans passer par la case eau oxygénée ? Au cinéma de papa, il est évident que le blond prédomine ( c’est ce qu’il ressort de cette expo).  Mais que les brunes se rassurent : le XXIe siècle lui tourne le dos. Il devient has been, voire vulgaire. Prenez Paris Hilton et Pamela Anderson : rien à voir avec des merveilles telles que Winona Ryder, Keira Kneigthley, Ségolène Royal ou Martine Aubry. L’heure de la revanche a sonné.

J.A

Mon grand-père et Django

1 mar

 

 

J’ai eu la chance, voici quelques années, d’avoir chez moi à Paris le guitariste Hugo Lippi, le batteur Stéphane Chandelier et Thomas Dutronc qui répétaient à tour de rôle ou ensemble avec leurs groupes respectifs au 61, boulevard de Courcelles. Jamais les corvées de ménage ne m’ont paru aussi plaisantes malgré l’interdiction de passer l’aspirateur.

Trois quarts de siècle plus tôt, mon grand-père, Pierre Nourry, hébergeait lui aussi des répétitions – celles d’un des dieux de ces jeunes musiciens, Jean, “Django”, le king of jazz, le maître absolu de tous ceux qui grattent une guitare pour en extraire un son de jazz manouche.

C’est après l’avoir entendu jouer à l’hôtel Claridge que mon grand-père, alors élève de l’École Centrale, alla kidnapper le prodige dans sa roulotte à Saint-Ouen et le ramena en 5CV Citroën à ce qui allait devenir le siège officiel du célébrissime Hot Club de France : l’appartement de mes arrière-grands-parents, rue du Conservatoire, dans le neuvième arrondissement. Là, les attendaient les deux copains installés quasiment à demeure, et cofondateurs du club : Hugues Panassié et Charles Delaunay.

Jusqu’alors, Django se produisait dans un cabaret de la rue Blanche avec son frère Joseph (guitariste), Stéphane Grappelli (violon) et Louis Vola (contrebasse), non sans attirer l’attention d’une élite à l’oreille fine. Rue du Conservatoire, les rejoint Roger Chaput, troisième guitare, Django tenant beaucoup à être accompagné d’autant de guitares que l’était précédemment Grappelli de son côté.

Le quintette du Hot Club de France (ainsi le baptise Pierre Nourry) est formé.Sa musique va conquérir le monde et faire entendre les premières notes d’un jazz proprement français.

Le salon de mes arrière-grands-parents se transforme en tripot, en studio, en dortoir, en camp manouche, en débit de boissons, en salle de jeu, en champ de bataille et en lieu de rigolade, sinon d’orgie, car ses habitués ne sont pas précisément des enfants de chœur. Tout cela ponctué de nombreux concerts, eux-mêmes agrémentés de fréquents trajets dans la fidèle 5CV, mon grand-père partant récupérer à la dernière minute l’un ou l’autre de ses musiciens parti en vadrouille à la consternation d’un public frustré.
C’est dans cette guimbarde que Pierre Nourry emmène Django à son premier enregistrement (qu’il finance), et qu’il continuera ensuite à démarcher pour lui les maisons de disques.

À la suite d’on ne sait quelle incartade des occupants, le siège du Hot Club de France ferme ses portes. Le maître de maison (mon arrière-grand-père n’a pas laissé le souvenir d’un homme commode) vire tout le monde et renvoie les gitans à leurs roulottes. Des brouilles s’ensuivent, et autres engueulades.Quelques coups, même, s’échangent. Rien de tout ça n’altérera l’amitié qui lie Django et Pierre Nourry, unis par une passion commune du jazz et par un semblable tempérament marginal, à mille lieues des préjugés bourgeois.Les deux hommes ne se quitteront plus, même si la brouille entre Django et Grappelli met fin définitivement au quintette et assombrit les relations. En 1940, mon grand-père, officier de Marine, part pour l’Algérie. Django le suivra un peu plus tard.

Par la suite, le guitariste mythique continuera de transporter ses auditoires, poussant à la perfection son entreprise de “dérèglement de tous les sens”, selon les mots d’un critique du Daily Telegraph. Ce, entre deux parties de pêche ou de billard. Pierre Nourry, lui, ira faire l’ingénieur du côté de Saint-Gervais et construire un petit chemin de fer à crémaillère nommé “Tramway du Mont-Blanc”, encore en service aujourd’hui, à ce qu’on me dit. L’une de ses locomotives porte le prénom de ma mère.

Pierre Nourry tournera radicalement la page du Hot Club quand il le verra virer à l’entreprise lucrative. Ce faisant, il laissera à ses acolytes Panassié et Delaunay les honneurs de la postérité et beaucoup de la gloire qui lui revenait dans les encyclopédies du jazz. Mais les personnes averties savent ce qu’on lui doit.

Django, “l’homme à la guitare qui parle”, disait Cocteau. “L’homme aux chaussettes de laine rouge”, selon d’autres, plus sensibles à la question vestimentaire. “L’homme qui valait un Goya”, pour une jet-setteuse admiratrice de la première heure.

“Le plus grand guitariste du monde”, de l’avis à peu près général : virtuose exceptionnel malgré ses doigts manquants. Il aurait cent ans aujourd’hui. Comme Pierre Nourry, à deux ans près.

Le premier laisse derrière lui plus d’orphelins que le second. Pour ce record-là, pas facile de vaincre le père (spirituel) de tous les guitaristes de jazz du monde, quand bien même vous auriez eu neuf enfants, vingt-cinq petits-enfants et dix-sept arrière-petits-enfants.

Néanmoins les deux hommes, l’artiste génial et le fondateur du Hot Club de France, sont, chacun à sa juste proportion et chacun dans son rôle, les initiateurs du jazz français.
Lequel n’est pas près de pousser son dernier soupir, lui.

S.A

 

 

 


Gainsbourg, retour sur une vie héroïque

20 jan


Pas de purgatoire pour Gainsbourg qui, mieux qu’une légende, s’élève désormais  au statut de mythe national. Témoin, le film tant attendu de Joann Sfar «  vie héroïque », qui sort aujourd’hui sur les grands écrans. Prétexte, pour nous autres pipelettes, de revenir sur le parcours de celui, dont la vogue et  l’aura ne connaissent nul déclin dix-huit ans après sa mort.

Né Lucien Ginsburg, de parents juifs immigrés, le 2 avril 1928 à Paris, il se destinait à la peinture. Étudiant aux Beaux-Arts puis professeur de dessin, il a pour maître durant un temps l’illustre Fernand Léger. Mais très vite la musique, qu’il a étudiée dès l’enfance avec son père pianiste, prend le pas dans sa jeune vie sur les arts plastiques. Devenu Serge Gainsbourg, il délaisse les ateliers pour les piano-bars et les salles de concert. Crooner dans les casinos huppés des côtes balnéaires de prestige, ainsi que dans les boîtes parisiennes à la mode, mais aussi complice pertinent de diverses chanteuses qu’il accompagne à la guitare, Gainsbourg travaille aussi à ses propres compositions. Il a pour modèle Boris Vian, dont les textes provocateurs et caustiques constituent à ses yeux une référence. En 1958, il enregistre son premier disque, Du chant à la lune, où figure le célèbre Poinçonneur des lilas. Fiasco commercial notoire. La critique se montre peu amène à l’égard d’un nouveau venu dont le charisme et les talents semblent pourtant d’ores et déjà proportionnels au gabarit de sa paire d’oreilles promise à la célébrité.
L’époque des yéyés, un peu plus tard, ne lui sera guère plus favorable. Gainsbourg ne se sent pas très à l’aise dans le style musical en question. Résultat : le public le rejette tandis que les journaux brocardent sa tête patibulaire et son nez proéminent.
Son second disque, Gainsbourg Confidentiel, empreint d’un jazz archi-moderne cher à l’artiste mais peu accessible au public profane, ne lui permet toujours pas d’accéder au panthéon des tubes. Vendu à mille cinq cents exemplaires, il inspire à son auteur sa résolution devenue célèbre : «Je vais me jeter dans l’alimentaire et m’acheter une rolls.

Mais si Gainsbourg avoue un penchant incontestable pour les belles voitures et les objets d’art, ce sont les femmes qu’il collectionne avant tout. Après une passion courte mais torride avec Brigitte Bardot, qui lui inspirera le mythique Initiales BB, il rencontre en 1968 Jane Birkin sur le plateau du film Slogan, entamant avec elle une idylle style “vieux faune et jeune tendron” qui durera dix ans et attisera l’attention (non exempte de voyeurisme) d’une presse people avant la lettre, avide de minijupes.
Entre-temps, Gainsbourg remporte ses premiers galons d’auteur-compositeur à succès en écrivant notamment pour Juliette Gréco, Petula Clark, Françoise hardy et France Gall, laquelle remportera grâce à lui le grand prix du concours de l’Eurovison en 1965 avec des paroles où d’aucuns détecteront des sous-entendus croustillants.
La carrière de l’artiste est lancée. Les années 70 voient la sortie de quatre albums phares,Histoire de Melody Nelson en 71, Vu de l’extérieur en 73, Rock around the Bunker en 73 et L’homme à tête de chou en 76 qui le placent sans coup férir au premier rang de l’avant garde de la chanson française. Gainsbourg fait en outre ses débuts au cinéma, devant, puis derrière la caméra, réalisant tour à tour quatre longs-métrages, entre autres le sulfureux Je t’aime moi non plus qui fera beaucoup pour sa réputation de dépravé scandaleux.


Légende oblige, Gainsbourg s’immerge dans les plaisirs tant diurnes que nocturnes avec ce qu’ils impliquent de beuveries et de matins blêmes, écumant les boîtes et faisant place peu à peu à Gainsbarre, son double subversif et insoumis qui résumera sa métamorphose par cette formule : «Quand Gainsbarre se bourre, Gainsbourg se barre».
Jane Barkin, peut-être lassée des frasques de son mari, finit par elle-même bel et bien “se barrer” du foyer conjugual, laissant derrière elle un homme de plus prodigue de provocations en tout genre. Un billet de cinq cents francs brûlé en direct devant les caméras, une proposition malhonnête à Whitney Houston sur le plateau de Michel Drucker, des insultes adressées publiquement à la chanteuse des Rita Mitsouko, une Marseillaise lui aliénant les régiments de parachutistes, Gainsbarre n’en finit plus de créer des turbulences partout où il passe.
Entre alors en scène Bambou, nouvelle égérie pour laquelle l’inusable parolier écrit des textes que celle-ci interprétera sans grand succès.
En 1991, à la suite d’une cinquième crise cardiaque – Gainsbourg n’a jamais pu se résoudre à arrêter de boire ni de fumer, forgeant ainsi son image de poète suicidaire et mal rasé – le célèbre consommateur de Gitanes s’éteint et avec lui sa dernière cigarette. De ces cendres, renaît une légende. Au cimetière du Montparnasse, les visiteurs se succèdent pour venir semer mégots et tickets de métro sur sa tombe, à deux pas de celle d’un autre très grand artiste : le peintre Gérard Barthélémy.
Ils sont nombreux aussi à venir communier devant le 65, rue de Verneuil, véritable mausolée qui abrita l’artiste une bonne partie de sa vie.
Cité par de nombreux chanteurs français comme leur idole et leur modèle, mais aussi par nombre d’étrangers qui n’hésitent pas à reprendre ses succès, Gainsbourg, dont l’œuvre, effleurée, entendue ou ressassée, résonne de part et d’autres des frontières, figure comme un emblème incontestable de la chanson française et peut-être même de la chanson tout court, voire de la poésie contemporaine.

Jeanne Ably


La popote des potes

25 nov

Imaginez votre pote – mais oui, lui, là, qui vous concocte toujours chez lui des plats ultra-élaborés, au point que vous n’osez pas lui rendre l’invitation, tant vous vous sentez minable avec votre risotto cramé et votre rituel poulet rôti – imaginez-le vous faisant cette fois la popote dans une vraie cuisine de chef avec tout ce qui va avec. Vous mettez les pieds sous la table quand ça vous chante (pas d’heure fixée par une maîtresse de maison psychorigide), en compagnie de convives de votre choix (exit la voisine soporifique aux effluves d’eau de Cologne) et voilà qu’on vous sert à dîner comme au resto. Normal, puisque vous êtes au resto. Entrée, plat, dessert. La totale. Et pour la modique somme de dix euros. Tel est le concept de la « popote entre potes », lancé par le Chéri-Bibi. Il suffisait d’y penser : chaque troisième lundi du mois, un ami gourmet aura carte blanche pour composer et servir un menu unique.

En l’espèce, c’était Jean Miel et Yann Ruffieux qui régnaient sur les fourneaux.

Un triomphe : plus de 90 fines gueules avaient répondu à l’appel. Amis, amis d’amis, ennemis d’ennemis, habitués, passants du lundi, touristes en goguette, fantômes de l’Opéra et goinfres de tous sexes. Les retardataires, condamnés à manger leur daube (plat en sauce, comme chacun sait) debout sur un coin de zinc, témoigneront de la satisfaction qui régnait parmi les estomacs assis.

J.A

Adresse : 17, rue André del Sartre 75018
tél : 0142548896 


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