Slasher

11 oct

        Tout ce qu’il voit l’inspire, tout ce qu’il lit le convainc, tout ce qu’il entend l’influence. Agent immobilier le jour, Dj le soir, aussi bien acteur que chanteur, prof de yoga ou photographe, mannequin et bloggeur, le slasheur ou #slashGen – de la touche « slash » qui permet le et/ou – est partout.
        Mieux que Batman et Hercule (Poirot) réunis, cette génération, née avec une télécommande à la main et un doudou dans l’autre, cumule les jobs et fait des séjours à Bali comme d’autres vont à Levallois. Ses représentants s’illustrent dans les soirées mondaines tout autant que sur leur « wall», ils sont toujours sur la photo.
        Purs produits d’une société de consommation qui érige en icônes les déesses Facebook et Instagram, et fait de l’instantanéité une urgence, ces trentenaires multitâches, bien mieux dans leurs vies Pro/Perso/RS/Créatif/ que dans leurs CDI, veulent certes gagner de l’argent, mais à condition de ne pas se laisser moisir en openspace à subir les gloussement de leurs collègues à eau de Cologne.
        Plus rêveurs que maudits, ces esthètes modernes ne connaissent ni l’ennui ni le spleen, déployant leur énergie à conquérir leur épanouissement personnel avec en somme un objectif : se hisser au sommet sans trop se donner la peine de l’escalade. Ok pour l’ascenseur social mais s’il tombe en panne, pas question de prendre l’escalier et encore moins l’échelle de secours : trop fatigant, et plutôt craignos.

Jeanne Ably

 Bijoux : Lili Storm

 

Comments are closed.

Social Widgets powered by AB-WebLog.com.