Archive | mai, 2012

Le prénom

24 mai

Emma, Billie, Jeanne, Lou, Lola d’un côté, Noé, Gaspard, Joseph, Enzo, Sacha de l’autre

À chaque époque son lot de prénoms entendus et réentendus jusqu’à l’écœurement parfois, jusqu’à l’indifférence le plus souvent, tantôt amputés d’une, voire deux syllabes, tantôt déracinés de leur terre, et toujours le même débat : comment faire original sans  friser le ridicule, comment  faire classique sans être taxé de sale réac ?
Ne rien dire à personne ou mieux, se décider à la dernière minute (puisqu’on aura préféré, bien sûr, ne pas connaître à  l’avance le sexe de son enfant) sans se soucier du qu’en-dira-t-on, aussi insidieux qu’un revers lifté sur ligne de fond de court. Sujet donc hautement sociologique, qu’ont eu la bonne idée de mettre en scène sur les planches, puis au cinéma, Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte, héritiers du duo de choc Bacri-Jaoui, avec dans le rôle de l’antibobo à Rolex (qui assume de rouler en décapotable et de passer ses vacances sur un yacht, lui) le séduisant Patrick Bruel face à un Charles Berling remonté comme une pendule dans son personnage d’intello de gauche.
Évidemment ces deux-là, que tout oppose malgré l’amitié qui les unit depuis l’enfance, n’ont pas le même cahier des charges entre les mains. Tandis que l’un nomme sa progéniture Appolin et Myrtille, en bon bobo du 9e arrondissement, l’autre, agent immobilier prospère, crée la discorde voire l’inssurection au sein de sa famille, durant 1 h 45 de film à huis clos, en révélant le prénom qu’il a choisi pour son enfant à naître. Et pas n’importe lequel. Il fallait oser.  Patrick l’a fait.  Et rien que pour ça, on court voir Le prénom avant qu’il quitte l’affiche.

Jeanne Ably

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La Suze

17 mai

“Comme d’habitude, servez une gentiane à Suze”, lançait jadis après une partie de tennis Fernand Moureaux, propriétaire de la distillerie Rousseau & Laurents, pour se moquer de sa belle-sœur. C’est ainsi que Suzanne Jaspart donna son nom à l’un de nos plus célèbres apéritifs français.
2012, la Suze redevient fash. Nostalgiques, nous buvons vintage. Dans notre déco des années 50, nous revendiquons la blanquette de veau et le puits d’amour. De même, la boisson old school à la reine d’or des neiges — entendez la gentiane, racines enfouies dans le sol des monts d’Auvergne et du Jura – fait la conquête de nos apéros.
Né en 1889, elle s’appelait alors le Picotin. Elle a traversé le temps, raflant au passage quatre médailles en récompense d’un « vrai goût français » où l’amertume exalte le sucré.
Dans les années 2000 Sonia Rykiel, Christian Lacroix et Jean-Charles de Castelbajac l’ont honorée de leur griffe, rhabillant dame Suze de haute couture pour des bouteilles collectors. La classe ! Et la preuve aussi que ce breuvage unique n’est pas près de rendre l’âme.
Il était donc vrai que « grâce à sa ruse, le goût de la Suze jamais ne s’use ni ne se refuse ».

S.A



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