Archive | avril, 2011

Élégance française

15 avr

   Question moderne : – Qu’est-ce que l’élégance française, dont on nous bassine avec une certaine insistance et qui s’exporte, paraît-il, à coups réguliers de Bardots, de Cotillards, de Gainsbourg et de french lovers ?
    Réponse traditionnelle : – Une absence totale de manières, de calculs et de chichis. Un don particulier pour le “pas fait exprès”. Une désinvolture absolue. Une façon d’être et de se comporter qui proclame très hautement : fringues, cheveux, godasses, rien de tout ça n’a la moindre importance, mais bon.
    Exemples. Un imper noué à la va-vite. Un jean APC délavé et troué. Une chemise Lacoste dont le crocodile s’est fait la malle. Bref, le mépris du détail.
    Voyez l’épouvantail : c’est le dandy  par excellence. Pas seulement parce qu’il porte un Burberry’s. Mais parce que sa tenue rejoint celle du clochard, qui est toujours le plus chic de la rue. L’un et l’autre brillent par leur absence de pause. Vive la chute du bling bling ! 

S.A

Flexitarien

12 avr

Photo : Hélène Pambrun

 

Entendez : semi-végétarien.
       Le flexitarien – contraction de flexible et de végétarien – se proclame ennemi juré de la bidoche mais n’hésite pas à s’en bâfrer si l’occasion fait le lard rond (rires).
       Il se transforme en un redoutable carnassier dès que ça ne lui coûte rien : sorties au restau, méchouis, apéros vin rouge, burger-parties et autres réjouissances auxquelles on l’invite.
       À ses frais, il consomme du lait de soja et des graines en quantité industrielle. Mais dans les somnolences de sa digestion, il vous avoue que son plat préfèré c’est le steak tartare.
       Soucieux du sort réservé au poulet d’élevage, martyr de la consommation, il achète le sien sur les marchés bio. Car “végé” ou pas, le poulet dominical c’est sacré. Faut pas pousser, quand même.
       Bref, notre olibrius a tout compris : à l’instar d’une Gwyneth Paltrow et d’un John Lennon, flexitariens invétérés, il se donne bonne conscience sans trop se sacrifier : un sandwich au pâté, non merci ; mais un toast au foie gras sur lit de figue, ça oui  !
       Sur ce sujet ou presque, lire ou relire “Le Bœuf clandestin”, de Marcel Aymé.

Jeanne Ably

 

Kusturiser (se)

3 avr

[custurizé] verbe pronominal par antonomase, dérivé du patronyme du cinéaste serbe Emir Kusturica.
    Par référence au style de ce réalisateur, indique une certaine tournure bohème et loufoque que prend spontanément une situation, un personnage, une mentalité, un lieu, un événement.
    Kusturika a su créer dans ses films une ambiance unique et singulière faite de bizarreries en tout genre, de musiques tonitruantes, de désordre existentiel, de joies simples et de folklore romanichel, le tout teinté d’une poésie un peu sauvage.
    “Se kusturiser” marque la tendance progressive à ressembler à quelqu’un ou à quelque chose qui semble sorti de cet univers artistique très particulier.

S.A

 


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