Nowhere

12 jan

Même chambre d’hôtel, même solitude, mêmes plans séquences, Sofia Coppola reprend la recette de l’excellent “Lost in Translation” pour son p’tit dernier, “Somewhere”, récompensé par un Lion d’or au Festival de Venise.

Le mieux est l’ennemi du bien : sûre d’elle et de son talent désormais avéré, Sofia se permet des raccourcis. Elle croit que pour traiter de l’ennui, il lui suffit d’endormir au plus vite son public. Un peu fastoche.

Prenez une star hollywoodienne masculine tatouée avec barbe de trois jours qui traîne son spleen à l’hôtel Marmont, telle une Marie-Antoinette au milieu de sa cour. Il ne fait rien, ne pense rien et n’en dit pas plus. Il quitte sa chambre pour y revenir et y rester avant d’en ressortir et ce dans un seul but : tuer le temps. Morne assassinat. 

Il conduit sa Ferrarri, fait la fête – beaucoup la fête – engage des strip-teaseuses, croise des mannequins. Boit du whisky. Fume des clopes. Reçoit des SMS anonymes d’insulte. Matte les seins des filles par la fenêtre. Etc, etc, etc.

 Dieu soit loué, sa fille de douze ans, ange blond, fruit d’une union imprécise, met un peu de fraîcheur dans tout ça. Il était temps. Et pour son père, et pour nous-mêmes, qui pestons face à ces plans interminables à la Gus Van Sant détaillant sans musique et sans dialogue notre quadra mal peigné  tantôt sous la douche, tantôt sur son lit, tantôt dans le canapé.

C’est vrai, Coppola fille nous rappelle ce que nous avions oublié : que l’argent ne fait pas le bonheur, pas plus que la célébrité ou les voitures de sport. D’accord, elle ajoute sa note personnelle à la grande partition symphonique de l’errance de l’homme au milieu de l’opulence qui lui est  chère. Mais elle réussit surtout à répandre l’ennui de ses personnages sur le malheureux spectateur en prouvant le vide par le vide. Elle nous piège durant 1h38 dans les filandres d’un “film d’auteur” pas beaucoup moins emmerdant – souffrez le terme – qu’une publicité pour bagnole italienne. Elle nous sert ce plat qui sustente peut-être la critique avide de méchoui mental et de néant culturel, mais que nous autres, pipelettes, trouvons justement plat. Un plat plat, joué par nobody et où se passe nothing. Un ragoût de navet. Sans appel.

J.A

 

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