Archive | janvier, 2010

SoPi

27 jan

IMG_1547Has been de Saint-Germain-des-Prés, bienvenue à Sopi !  Entendez : South Pigalle. Paris prend des airs de Big Apple et s’invente des vocables pour désigner ces quartiers où il fait bon exhiber son dernier Jérôme Dreyfus au bras d’une rock star. La bonne blague ! Pourquoi pas Wema pour l’ouest du Marais ou Nomont pour le nord de Montmartre.
Autrefois repaire notoire de truands et royaume du proxénétisme, cette frange du  IXearrondissement avoisinant la rue des Martyrs est devenue le sanctuaire des bobos parisiens et des artistes chébrans. Les chanteurs Gonzalez et Hugues Coltman, Audrey Tautou,  Jean-Paul Gaultier, tous, sans exception, y ont assigné leur résidence, abandonnant leur bon vieux VIe aux seuls touristes et provinciaux. Avec le résultat qu’on devine : le centuplement du prix du mètre carré et du kilo de carottes.
Autre symptôme de boboïsation aiguë : les  boîtes de nuit tendance, salles de concert arty, restaus branchés, concept stores, sans oublier les boutiques bio (bio-bio !), commerces équitables et autres temples de la ménagère  hype s’implantent dans le quartier  à côté  des officines de strip-tease et des sex-shop à tenancier asiatique. Pour ne citer que quelques-uns de ces « délicieux de perdition » :  Chez Moune, les Trois Baudets, l’hôtel Amour,  Rose Bakery,  Cul de Poule, autant de rendez-vous privilégiés des peoples évanescents et des ultra-lookés. Ils s’y réunissent pour virevolter sur le dernier titre de Vampire Week-End, mais surtout pour parler de la nouvelle expo où il faut à tout prix aller s’ennuyer à mourir, sous peine de mort sociale… Primauté de l’esprit. 

Jeanne Ably

 

 

 

Gainsbourg, retour sur une vie héroïque

20 jan


Pas de purgatoire pour Gainsbourg qui, mieux qu’une légende, s’élève désormais  au statut de mythe national. Témoin, le film tant attendu de Joann Sfar «  vie héroïque », qui sort aujourd’hui sur les grands écrans. Prétexte, pour nous autres pipelettes, de revenir sur le parcours de celui, dont la vogue et  l’aura ne connaissent nul déclin dix-huit ans après sa mort.

Né Lucien Ginsburg, de parents juifs immigrés, le 2 avril 1928 à Paris, il se destinait à la peinture. Étudiant aux Beaux-Arts puis professeur de dessin, il a pour maître durant un temps l’illustre Fernand Léger. Mais très vite la musique, qu’il a étudiée dès l’enfance avec son père pianiste, prend le pas dans sa jeune vie sur les arts plastiques. Devenu Serge Gainsbourg, il délaisse les ateliers pour les piano-bars et les salles de concert. Crooner dans les casinos huppés des côtes balnéaires de prestige, ainsi que dans les boîtes parisiennes à la mode, mais aussi complice pertinent de diverses chanteuses qu’il accompagne à la guitare, Gainsbourg travaille aussi à ses propres compositions. Il a pour modèle Boris Vian, dont les textes provocateurs et caustiques constituent à ses yeux une référence. En 1958, il enregistre son premier disque, Du chant à la lune, où figure le célèbre Poinçonneur des lilas. Fiasco commercial notoire. La critique se montre peu amène à l’égard d’un nouveau venu dont le charisme et les talents semblent pourtant d’ores et déjà proportionnels au gabarit de sa paire d’oreilles promise à la célébrité.
L’époque des yéyés, un peu plus tard, ne lui sera guère plus favorable. Gainsbourg ne se sent pas très à l’aise dans le style musical en question. Résultat : le public le rejette tandis que les journaux brocardent sa tête patibulaire et son nez proéminent.
Son second disque, Gainsbourg Confidentiel, empreint d’un jazz archi-moderne cher à l’artiste mais peu accessible au public profane, ne lui permet toujours pas d’accéder au panthéon des tubes. Vendu à mille cinq cents exemplaires, il inspire à son auteur sa résolution devenue célèbre : «Je vais me jeter dans l’alimentaire et m’acheter une rolls.

Mais si Gainsbourg avoue un penchant incontestable pour les belles voitures et les objets d’art, ce sont les femmes qu’il collectionne avant tout. Après une passion courte mais torride avec Brigitte Bardot, qui lui inspirera le mythique Initiales BB, il rencontre en 1968 Jane Birkin sur le plateau du film Slogan, entamant avec elle une idylle style “vieux faune et jeune tendron” qui durera dix ans et attisera l’attention (non exempte de voyeurisme) d’une presse people avant la lettre, avide de minijupes.
Entre-temps, Gainsbourg remporte ses premiers galons d’auteur-compositeur à succès en écrivant notamment pour Juliette Gréco, Petula Clark, Françoise hardy et France Gall, laquelle remportera grâce à lui le grand prix du concours de l’Eurovison en 1965 avec des paroles où d’aucuns détecteront des sous-entendus croustillants.
La carrière de l’artiste est lancée. Les années 70 voient la sortie de quatre albums phares,Histoire de Melody Nelson en 71, Vu de l’extérieur en 73, Rock around the Bunker en 73 et L’homme à tête de chou en 76 qui le placent sans coup férir au premier rang de l’avant garde de la chanson française. Gainsbourg fait en outre ses débuts au cinéma, devant, puis derrière la caméra, réalisant tour à tour quatre longs-métrages, entre autres le sulfureux Je t’aime moi non plus qui fera beaucoup pour sa réputation de dépravé scandaleux.


Légende oblige, Gainsbourg s’immerge dans les plaisirs tant diurnes que nocturnes avec ce qu’ils impliquent de beuveries et de matins blêmes, écumant les boîtes et faisant place peu à peu à Gainsbarre, son double subversif et insoumis qui résumera sa métamorphose par cette formule : «Quand Gainsbarre se bourre, Gainsbourg se barre».
Jane Barkin, peut-être lassée des frasques de son mari, finit par elle-même bel et bien “se barrer” du foyer conjugual, laissant derrière elle un homme de plus prodigue de provocations en tout genre. Un billet de cinq cents francs brûlé en direct devant les caméras, une proposition malhonnête à Whitney Houston sur le plateau de Michel Drucker, des insultes adressées publiquement à la chanteuse des Rita Mitsouko, une Marseillaise lui aliénant les régiments de parachutistes, Gainsbarre n’en finit plus de créer des turbulences partout où il passe.
Entre alors en scène Bambou, nouvelle égérie pour laquelle l’inusable parolier écrit des textes que celle-ci interprétera sans grand succès.
En 1991, à la suite d’une cinquième crise cardiaque – Gainsbourg n’a jamais pu se résoudre à arrêter de boire ni de fumer, forgeant ainsi son image de poète suicidaire et mal rasé – le célèbre consommateur de Gitanes s’éteint et avec lui sa dernière cigarette. De ces cendres, renaît une légende. Au cimetière du Montparnasse, les visiteurs se succèdent pour venir semer mégots et tickets de métro sur sa tombe, à deux pas de celle d’un autre très grand artiste : le peintre Gérard Barthélémy.
Ils sont nombreux aussi à venir communier devant le 65, rue de Verneuil, véritable mausolée qui abrita l’artiste une bonne partie de sa vie.
Cité par de nombreux chanteurs français comme leur idole et leur modèle, mais aussi par nombre d’étrangers qui n’hésitent pas à reprendre ses succès, Gainsbourg, dont l’œuvre, effleurée, entendue ou ressassée, résonne de part et d’autres des frontières, figure comme un emblème incontestable de la chanson française et peut-être même de la chanson tout court, voire de la poésie contemporaine.

Jeanne Ably


Couguars

11 jan



Révolue, l’époque où seuls les hommes folâtraient sans vergogne, moyennant  les faveurs de nymphettes obligeantes. Désormais c’est aux “cougars” de faire provision de chair fraîche à la sortie des lycées.  
        Élu mot de l’année 2007 par le 
Time magazine, ce terme de cougars (en français couguar, autre appellation du puma) désigne cette catégorie de dames d’un certain âge, jadis nommées rombières, mais aujourd’hui aussi à l’aise dans leurs stilletos que question porte-monnaie, et qui ne jurent que par les p’tits jeunes.
La femme du XXIe siècle n’en est plus à conquérir son indépendance financière ni son droit au travail (la pauvre !). Elle affirme son autonomie sexuelle. Pour se convaincre de cette réalité sociologique, suffit d’ouvrir Voici ou Gala : Claire Chazal, Amanda Lear, Demi Moore, Madonna, combien sont-elles, ces stars dopées aux protéines, gonflées au Botox et accros à la muscu, à exhiber leurs liftings aux côtés de jeunots à boucles blondes, en toute insolence ? On ne les compte plus, et pour cause : la tendance absolue chez nos amies les people, le must à Hollywood, est d’arpenter les red carpet son trophée gigolesque sous le bras.
Petit et grand écrans se sont emparés du phénomène. Témoin, une série télévisée, Cougar Town, sur la chaîne américaine ABC, avec Courteney Cox dans le rôle de la prédatrice, et quantité de films : Chéri, tiré du roman de Colette, avec Michel Pfeiffer, Puma, avec Jennifer Aniston (pas si vieille, pourtant),  Cliente, avec Nathalie Baye, etc., etc.  Ce ne sont plus les VIP ni même les vieilles pies, mais les vieilles peaux. Le net n’est pas en reste : un site www.dateacougar.com propose à de jeunes éphèbes de se faire manger en ligne par ces femelles carnassières un peu mûres mais aux dents longues.
Résultat : les couguars piquent leur gibier aux jeunettes et font de l’ombre à leurs propres filles (telle Demi Moore). Mettant leur ménopause à la portée de toutes les bourses (hum ! ), elles assurent leur revanche sur ces messieurs, définitivement déchus de leur monopole de la bagatelle, et renvoyés une fois pour toutes à leur football. Vive l’égalité des sexes !

J.A

L’été de la Saint-Sylvestre

4 jan

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Il fait froid. Le climat est plus que jamais au cœur des conversations. La thèse du réchauffement bat de l’aile. Le boulanger se plaint de la baisse du Celsius entre deux hausses des ventes de croissants. Les marchands de bas de laine accueillent les soldes avec confiance. Le citoyen s’emmitoufle, la patinoire Molitor opère une résurrection en gagnant du périmètre pour s’étendre à tout Paris. Les femmes en Louboutin glissent sur les trottoirs, tandis que d’autres, qu’on a connues sveltes par temps doux, se métamorphosent en bonshommes Michelin.
Certaines régions de France, se couvrent d’un manteau immaculé, d’une conception très haute couture.
Eh bien, payez vous le luxe de l’esprit de contradiction. Décidez que l’intempérie ne régentera pas votre élégance. Le temps d’un soir, montez le chauffage de votre appartement et enfilez la tenue légère. Une robe fleurie fera écho aux pois et cœurs dont on s’affublait fièrement l’été dernier.
Nos meilleurs vœux à toutes et à tous !

S.A

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