Archive | décembre, 2009

Cow boy

20 déc


Malgré son nom, et grâce à John Wayne et Clint Estwood, la conscience collective le voit davantage comme un justicier avide de grands espaces que comme un gardien de vaches pataugeant dans la bouse.

Pour faire partie de la caste tellement glamour du western pas nécéssaire d’être tireur d’élite, ni champion de rodéo, ni de manier le lasso dans le déferlement d’un troupeau furieux. Il suffit d’apoter la tenue et l’humeur adéquate.
Transhumons en douceur vers l’Amérique onirique du XIXe siècle, le regard perdu vers l’horizon, la tête coiffée du chapeau à larges bords, les jambes gainées d’un Denim et les pieds reliés au sol par une paire de boots en daim.

S.A

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Rouge aux pieds

10 déc

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Il est de bon ton d’avoir une touche de vermillon sur soi. Dispensé de façon pertinente, le vermillon pimente la sauce. Il est le solo de batterie dans le concert de jazz. Il secoue l’ensemble et y mettant de la braise. L’éloigner du visage est une façon prudente de préserver la fraîcheur de son hâle. Mais, au pied, sous forme de soulier, le charme du rouge opère radicalement.

S.A

Troc sur la toile

9 déc


Vous vous lassez de votre Motorcycle de Balenciaga, que vous remplaceriez bien par un 2.55 de Chanel ?
Vous avez gagné au jeu-concours de votre paquet de céréales une Twingo, au lieu de la vieille Volvo 480 rêvée ?
On vous a offert le disque de Shakira alors que vous n’avez d’oreilles que pour Brenda Lee ?
Vous endurez un quadragénaire grincheux, et vous louchez sur ces “couguars” de Madonna et de Demi Moore qui épousent des minets ?
NE PERDEZ PAS COURAGE !
Un nouveau site  Myrecyclestuff.com  vient de voir le jour, qui se donne pour mission de consoler les mal loti(e)s et de parer aux déceptions les plus âpres.
Crée par Martin Rückert et Vincent de Montalivet, cette plateforme internet est un vrai réseau social : on se crée un profil et on développe un entourage autour du même principe, consistant à redonner un second souffle aux objets que l’on a chéris jadis, en se les échangeant mutuellement.Myrecyclestuff.com surfe sur la vague moderne de la toile en opérant un retour aux origines du troc. L’objet prend toute la fraîcheur et la valeur que lui accorde le désir. Et, soucieux d’écologie, le site pense à tout, même à limiter le nombre de kilomètres que parcourront ces trésors. En inscrivant sur le profil de chaque “recycleurs” le lieu de sa résidence, il permet à tous de faire leurs affaires à leur porte.
Avantage du principe: combattre la sur-consommation tout en donnant à son quotidien une patine de rêve. Si vous acquérez un it-bag ou un mari sur ce site, vous êtes sûre qu’il aura une âme, qualité essentielle pour la seconde vie que vous vous offrez grâce à lui.

S.A

 

Tendance slave

8 déc

Toque ou pas toque ? Osons les couleurs chatoyantes, les imprimés fleuris, les galons d’or et les vêtements fourrés. Dépassons le fameux châle russe vu et revu jusqu’à l’écœurement sur les fashionitas du printemps dernier. N’ayons crainte de donner raison à ce cher Paco (Rabane) qui proclamait que les femmes les plus élégantes se trouvent au pays de Tolstoï. Endossons l’uniforme pétersbourgeois ou moscovite. Sans danger : un vent slave soufflera sur les vestiaires cet hiver.

J.A

 

Dandy sapeur

4 déc

Photo : Baudoin Muanda

 

Si Karl Lagerfeld a un homologue africain, question chic, le second n’a rien à envier au premier. Il sait tout autant se “saper” et d’ailleurs on lui doit la remise en service de ce verbe.

Premier membre actif de La Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes, il se fait une vie haute en pigments et soigne son style débarqué du Congo depuis le haut moyen âge.

Il est fier d’être snob et sort ses costards en toute occasion, et pas seulement pour le mariage d’un pote. Personne n’égale son art de coordonner la rayure du pantalon avec celle du veston. Nul n’a jamais si utilement porté le couvre-chef par temps sec, ni brandi si joyeusement une canne sans le moindre prétexte de sciatique. Parlez-lui de sportwear ou de casual, il vous rit au nez. Ce dieu de la sape a haussé la “toilette” à la hauteur d’un art de vivre, d’une science (la sapologie), d’une religion dont les rites foisonnent : les enfreindre est un blasphème.

Par exemple, le dandy sapeur ne saurait porter le même vêtement deux jours de suite. Ses chaussettes sont une liturgie qui impose le fil d’Écosse et la couleur unie, assortie à celle de la chaussure. Le costard, sous peine d’excommunication, ne s’entend que croisé, et titulaire de quatre ou six boutons.
Ce qui distingue le dandy africain d’un Beau Brummel ou d’un Pete Doherty ? Le ton ! Il est homme de couleur et de couleurs. Si sa vie est une œuvre d’art, elle est de style baroque et nous éblouit par ses contrastes de tonalités vives. Il assume le rose fluo, raffole du bleu électrique. Son noir est un rouge, son gris un jaune d’or, son beige un violet. Sa palette vole la vedette aux arc-en-ciel, son plumage ridiculise la queue de paon. Face à lui les vitrines de Noël ne sont que morne plaine.

Du Matonge de Bruxelles à notre goutte d’or parisienne, en passant par tous les undergrounds valables, le sapeur illumine les rues de sa présence resplendissante et y sème une traînée d’or, quelques grammes de dandysme, qui pèsent très lourd sur notre asphalte de brutes.

S.A


Marin

4 déc

Son rôle est épisodiquement d’être pêcheur et de tremper des hameçons ou chaluts pour nous permettre d’égayer nos féculents de quelques miettes de thon ou d’un filet de sole.
Les mauvaises langues (un peu rustres) susurrent qu’il a une morue dans chaque port.
Nous, nous lui reconnaissons la qualité primordiale : il est élégant.
Pour preuve, la mode qui n’a cessé de lui piquer sa panoplie. Ainsi la marinière est devenue un classique, bien avant Jean-Paul Gautier qui se l’adjugea comme marque de fabrique. Déjà dans les années 60 B.B. courait en marinière assortie d’un petit jean, pieds nus sur la plage de Saint-Tropez.
Actuellement les rayures, le ciré et la casquette à visière bleu marine ont résolument appareillé et ont le vent en poupe sur le bitume de la cité.
Un vrai débordement de l’espèce maritime sur le plancher des vaches. Conséquence du réchauffement climatique cher au second Monsieur Hulot, sans doute.

S.A


Course en escarpin

2 déc


Non mais, on aura tout vu : une course en escarpins à talon. Organisée pour la deuxième année consécutive par le chausseur en ligne Sarenza, c’était l’événement branchouille du week-end du 22 novembre. Tout y était : une queue de deux kilomètres à l’entrée, des Dj à l’intérieur, du champagne à flot, le truculent Nicolas Ullman en arbitre de choc, des caméras de télé, un contingent d’ultralookés, quelques peoples évanescents (dont l’auguste Vincent  Magdoom), etc., etc., ne manquaient que la main de Thierry Henry et quelques vaccinateurs avec seringue.

Impossible de rater ça et une fois de plus la blogueuse de mode a payé de sa personne, sans se demander si elle n’aurait pas eu mieux à faire un vendredi soir. 
        Règle du jeu : courir à huit centimètres d’altitude pour gagner trois mille euros de chaussures. Imaginez l’effervescence qui régnait parmi les concurrentes : 3000 €, bougre de bougre ! Ça vaut la peine de s’exhiber en tenue de sport sous les yeux du Tout-branché parisien, avec le risque de s’étaler face aux objectifs vidéos et photos. Et comme l’affaire était sérieuse, chacune des trente-deux équipes de nanas en lice s’était adjoint un coach présent sur les lieux pour encourager ses  pouliches et veiller aux échauffements qu’exige tout marathon digne de ce nom. Nous ne parlerons même pas de l’entraînement intensif  qui occupa ce beau monde plusieurs semaines avant le grand show. 

Un stand avait été installé pour prodiguer à chaud tous conseils utiles sur l’art de se hâter sur des talons aiguilles.
Une discipline olympique, à en juger par cette soirée divine. Sans plus de commentaires. Voyez plutôt l’image.

Image de prévisualisation YouTube

J.A

 

 


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