Archive | novembre, 2009

La popote des potes

25 nov

Imaginez votre pote – mais oui, lui, là, qui vous concocte toujours chez lui des plats ultra-élaborés, au point que vous n’osez pas lui rendre l’invitation, tant vous vous sentez minable avec votre risotto cramé et votre rituel poulet rôti – imaginez-le vous faisant cette fois la popote dans une vraie cuisine de chef avec tout ce qui va avec. Vous mettez les pieds sous la table quand ça vous chante (pas d’heure fixée par une maîtresse de maison psychorigide), en compagnie de convives de votre choix (exit la voisine soporifique aux effluves d’eau de Cologne) et voilà qu’on vous sert à dîner comme au resto. Normal, puisque vous êtes au resto. Entrée, plat, dessert. La totale. Et pour la modique somme de dix euros. Tel est le concept de la « popote entre potes », lancé par le Chéri-Bibi. Il suffisait d’y penser : chaque troisième lundi du mois, un ami gourmet aura carte blanche pour composer et servir un menu unique.

En l’espèce, c’était Jean Miel et Yann Ruffieux qui régnaient sur les fourneaux.

Un triomphe : plus de 90 fines gueules avaient répondu à l’appel. Amis, amis d’amis, ennemis d’ennemis, habitués, passants du lundi, touristes en goguette, fantômes de l’Opéra et goinfres de tous sexes. Les retardataires, condamnés à manger leur daube (plat en sauce, comme chacun sait) debout sur un coin de zinc, témoigneront de la satisfaction qui régnait parmi les estomacs assis.

J.A

Adresse : 17, rue André del Sartre 75018
tél : 0142548896 


Uniqlo, sujet clos

19 nov

Depuis le temps qu’on nous rebat les oreilles avec l’ouverture de cette boutique – le soit-disant buzz de la saison – il fallait que je prenne mon courage à deux mains – et non plus à demain.
Je devais me rendre sur place, rue Scribe, et au diable les deux cents mètre de queue aux cabines d’essayage et les trois heures d’attente debout à la caisse : un minimum d’esprit de varices s’impose à la blogeuse de mode.

Après tout, rien ne m’oblige à faire usage de ma CB (perdue depuis trois jours). Je suis ici en simple service commandé, pour constater de visu l’ampleur du phénomène Uniqlo et tâcher de tirer un compte rendu de ce qui excite les foules et attise leurs ardeurs consuméristes depuis ces quelques semaines. Un point, c’est tout.
Verdict immédiat : sans intérêt. Pour ne pas dire nul et archinul. Unanimité apparente sur ce point, d’ailleurs.  Je questionne quelques nanas à la sortie des lieux : toutes d’accord avec moi, il n’y a VRAIMENT pas de quoi casser ses fameuses trois pattes au pauvre canard. Rien de nouveau, zéro surprise : des tee-shirts on ne peut plus basiques, des jupes droites sans fantaisie, des doudounes molletonnées comme on en a vu cent mille et les mêmes sempiternels jean slim. Dieu sait pourtant si  la couleur est au rendez-vous : American Apparel II, le retour. En moins cher, soit ; mais tout aussi bidon. À croire que l’excès de coloris aboutit nécessairement au néant esthétique (une théorie qui vaut ce qu’elle vaut).
En conclusion, à toutes celles – nombreuses – qui soutiennent mordicus qu’Uniqlo vaut mieux que Zara et H&M réunis, j’oppose un niet catégorique. Croyez-moi, le nouveau venu n’est pas près de détrôner ses deux prédédesseurs dans l’estime des modeuses. Enfin quoi, ce n’est pas parce que c’est japonais que c’est forcément hype
 ! 

J.A



Une indienne dans la ville

14 nov

On a vu les franges de bottes entourant la cheville d’une crinière (souvenez-vous, Camille)… On connaît la frange capillaire qui donne son mystère au front des coquettes.
Entre les deux, possibilité d’un raccord.
Le moyen est d’emprunter le costume d’un Sioux.
Ayons la férocité de Crazy Horse pour chasser le conformisme vestimentaire qui peuple nos rues de troupeaux sombres. Luttons contre les tristes bisons du métro qui s’habillent systématiquement de noir et dont l’armée sinistre accentue notre cafard aux heures de pointe.
Adoptons sans complexes la fière allure de Pocahontas. Si cette princesse est un modèle de beauté, nous la voyons aussi en icône de mode.
Franges, plumes, daim nous donneront, à nous aussi, cette allure triomphante qui en séduit plus daim (pardon, d’un).

S.A

Vendredi 13

13 nov

Madeleine possède bien quatre-vingt dix paires de chaussures dans son dressing. Parmi elles : des chaussures tibétaines dénichées à Berlin dont son mec raffole. Comme quoi, inutile de souffrir en Louboutin pour plaire aux hommes…

 

Bottes à franges et cheveux courts

13 nov

Revenons à nos brebis : rouvrons la porte du vestiaire pour dames.
Parlons un peu de la botte indienne.
Elle a fini par nous exaspérer, parce que vue et revue sur le gourou Kate Moss sous forme de Minetonka, et fatalement reprise jusqu’à l’indigestion par les adeptes de la secte Fashion.
C’est le coup classique de la victime de son succès.
La botte indienne a usé le bitume et notre patience, mais nous devons réagir. Ne tournons pas ingratement le dos à ce must-have auquel nous sommes redevables de joies réelles depuis tant d’années.
La nouvelle façon d’aimer la botte indienne est d’abord de se la procurer à franges longues, et de rééquilibrer cette crinière de pied par une coupe de cheveux très courte. Camille excelle dans cette spécialité.
Ses bottes à elle proviennent non pas de quelque vulgaire fournisseur à haut débit et grand passage, mais de vrais Indiens émigrés à Portobello, qui les proposent maintenant à proximité d’un des plus célèbres marchés londoniens.
Elles sont cousues main et la vendeuse a garanti que, chaussée de la sorte, Camille escaladerait l’Himalaya. Ça tombe à pic, si l’on peut dire : Camille est une accro de l’air des cimes.

S.A


Un look de circonstance

11 nov

Quel look pouvait mieux coller que celui de Madeleine en ce mercredi 11 novembre, jour d’armistice ?

 


La jeune fille à la poudre

9 nov

Elle prend de la coke ! Tollé général sur la planète mode. Les  maisons de couture se cabrent. Ses contrats sont résiliés. OK, personne n’était dupe, mais tout de même : ça fait « moss ».  Son entourage est formel : Kate doit plaquer fissa son junkie de Pete Doherty et partir en désintox.

Septembre 2010:  Kate  est toujours là, cédant pour des millions de dollars ses droits à l’image, et multipliant les spots publicitaires ( et pour n’en citer que quelques uns : Longchamp, Dior, Balmain…).

Ni ses trente-six bougies ni le scandale vieux de cinq ans n’ont eu raison de sa gloire. Au contraire. La brindille garde la faveur du public, renforcée depuis ce jour « béni » où elle s’est fait prendre non pas la main, mais le nez dans le sac.

Livres publiés à son sujet, statues en or massif érigées en son honneur, des couvertures et des éditos à ne plus savoir où donner de la tête, etc, etc. Les fashionitas non seulement portent le même slim qu’elle et se décolorent en blond platine, mais se mettent à tracer des lignes. La star est devenue madone de la poudre blanche.

Citons Christophe Salmon, auteur de “Kate Moss machine”, paru l’an dernier aux éditions Découverte : « Moss n’incarne pas une dérive du système mais son idéal type. Elle est la rebelle intégrée. L’excès assumé. Non pas la transgression des codes mais un nouveau code contradictoire qui fait de la transgression une norme sociale.»

Norme sociale… En gros, pour être dans le coup, il faut  avoir l’air rock’n roll et si possible consommer des substances illicites à même le carrelage des chiottes. So Kate ! On est l’idole d’une génération où on ne l’est pas. Mais quelle génération ? S’il faut la juger à l’aune de son icône, plus célèbre pour ses cuites à répétition ( voyez encore son apparition très remarquée à la dernière soirée Vogue où la brindille tenait à peine debout ) et ses bagarres dans des chambres d’hôtel que pour ses recueils d’aphorismes, le constat n’est pas brillant brillant .

Mais ne généralisons jamais. Ou si nous le faisons, que ce soit avec modération.

J.A

Et Dieu créa…Bardot

7 nov

Je sors de l’exposition « Les années d’insouciance » au musée des Années 30 à Boulogne avec, en tête, bien moins l’envie pressante de me procurer une jupe Vichy qu’une intuition métaphysique  : Dieu existe, puisqu’Il a créé Bardot. Qui d’autre que Lui aurait réussi cet exploit ?
B.B. c’est l’apothéose de la grâce, le triomphe du tempérament, c’est une féminité qui s’exacerbe au moindre battement de cils, au plus discret frémissement d’orteil. Démarche de rêve, perfection de la ligne, pureté des traits. Tant de beauté n’a pu résulter d’un simple rapprochement hasardeux de molécules. On ne nous la fera pas : il y a eu Quelqu’un, là-haut, pour façonner cette merveille, pour concevoir et réaliser ce pur prototype de la femme “haute couture”, pensé au centimètre près.
D’entrée on la trouve au seuil de sa carrière, d’abord Brigitte joufflue qui fait ses premiers mètres à vélo, puis Brigitte à appareil dentaire. On suit son parcours de mannequin pour “Elle”, ses débuts à l’écran. On franchit un seuil et l’étape Vadim – et Brigitte devient Bardot : vedette de cinéma, monstre sacré, star planétaire dont le magnétisme animal affole les hommes, et symbole d’une certaine libération de la femme (la vraie libération, pas l’autre).
Salle suivante : Saint-Tropez, la Madrague… On lit ses cartes postales, on effleure les robes qu’elles a portées… Plus loin, son tableau de chasse. On compare les amants. Une suite de photos alignées sur le mur. On dira ce qu’on voudra de ces garçons : ils ont affronté le mythe, et il fallait le faire.
Pas question de tout énumérer. Impossible, tant est riche la masse des archives. On ressort des lieux avec l’impression trouble et double d’avoir rencontré une femme et un mirage. Femme au parcours unique, toujours vaillante, meurtrie en bout de course par le poids d’une célébrité surhumaine.  Mirage de la gloire, rôle trop lourd pour ces épaules si frêles, si dorées, jolies à briser le coeur.
Porte-drapeau des reléguées du second plan (la ménagère des années 50 et la pauvre bête tout juste bonne à faire un manteau de fourrure ou à servir de cobaye aux gens de laboratoire), B.B. a tenu le coup, évoluant à contre-courant, bravant l’opinion, assumant le scandale, tenant tête à l’OAS, se fichant des conventions, brûlant sa vie et s’inclinant devant le général de Gaulle. Chapeau !
N’en déplaise à ses détracteurs, qui voient de la politique là où il n’y eut que du sentiment et de la flamme, Bardot est un écrin splendide qui ne peut abriter qu’un diamant.

Suzanne Ably


Dandy

4 nov

Ils passent plus de temps que nous dans la salle de bains et manient le sèche-cheveux  en virtuoses. Signes particuliers : jean slim et talons hauts. Pourtant, vous avez bien lu :  « ils ».  Des cocktails littéraires (Begbeider) à la scène rock (Pete Doherty) en passant par les sauteries mondaines (Karl Lagerfeld) ou les sorties de lycée où ils pullulent,  les dandys – race issue de l’Angleterre d’Oscar Wilde – opèrent un retour en force dans nos salons post-modernes.

On les reconnaît facilement : carré de soie au cou, chemise à carreaux près du corps, veston croisé, œillet à la boutonnière, bagouses à chaque doigt, brushing savamment déstructuré, éternelle barbe de trois  jours. Le dandy 2009, même s’il a laissé tomber la lavallière, le binocle et la canne à pommeau, soigne son look aussi scrupuleusement que le faisait son ancêtre victorien.  Nul détail de sa panoplie n’est laissé au hasard. Toujours au top, même après une nuit blanche, seize heures de garde à vue et un passage à tabac, le Brummel nouvelle génération n’hésite pas à changer trois fois de chemise dans la même après-midi et ne passe jamais devant un miroir ou une vitrine sans s’y reluquer scrupuleusement de la tête aux pieds : des fois qu’il aurait une  mèche de travers ou un mauvais pli au pantalon.

La clope au bec et la réplique cinglante, l’air ténébreux et le mépris facile, il brille par sa culture et cultive son brillant. Avant d’être un style vestimentaire, le dandysme, à l’instar du rock n’roll, est un état d’esprit, un mode de vie. Ne s’improvise pas dandy qui veut. Alors méfiance :  derrière tous les insolents et junkies à jean slim, se cachent pas mal de goujats.  À vous de les démasquer. 

J.A



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